La vie de saint Guilhem

Patrimoine Culturel
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Source : Via Tolosana, la voie d’Arles et Toulouse pour Saint-Jacques-de-Compostelle

Après l’avoir généreusement dotée, Guillaume d’Orange fut accueilli à l’abbaye de Gellone par son ami Benoît d’Aniane, ancien militaire comme lui, et s’y retira définitivement en l’an 806 pour mener une vie monacale après avoir connu une existence laïque tourmentée, celle d’un guerrier fameux.

Lorsqu’il rendit l’âme en 812, l’abbaye devint un lieu de pèlerinage très prisé grâce à la renommée de son bienfaiteur et un lieu de passage obligé vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais, en même temps que la via Tolosana voyait défiler les pèlerins, l’ancienne draille millénaire de la transhumance ovine, le chemin de Saint-Guilhem, qui venait de l’Aubrac par le nord, connut lui aussi l’affluence et la renommée tandis que se développaient sur ce chemin, en plus de celui des pèlerins, le transit des marchands et des muletiers. Les Romieux l’empruntèrent aussi, qui se rendaient en pèlerinage à Rome en rejoignant la via Tolosana par le nord.

La légende de Guillaume, devenu saint Guilhem après sanctification, fut transmise jusqu’à nous par la chanson de geste que les trouvères relayèrent au travers des temps dans les contrées de langue d’oïl.

Guerrier franc, sa mère était la belle Aude, fille de Charles Martel et sœur de Pépin. Il fut nommé comte de Toulouse par l’empereur Charlemagne, son cousin. Son surnom de guerre, Fièrebrace, vantait la force légendaire de ses coups d’épée. Devenu par la suite comte d’Aquitaine, il guerroya aux confins du royaume de Louis le Pieux.
C’est en prenant par la ruse la ville d’Orange aux Sarrasins qu’il rencontra la belle Oriabel, fille du seigneur vaincu. Ses amours avec celle-ci donnèrent force matière aux trouvères et poètes car elles furent passionnées autant que durables. À la mort de sa femme, devenue entre-temps la comtesse chrétienne Guibourc, il entra à l’abbaye de Gellone pour s’y retirer définitivement.

Dans ses bagages il apporta le sacramentaire dit de Gellone et un morceau de la Vraie Croix que lui aurait donné Charlemagne. Ces reliques représentaient pour les pèlerins un élément essentiel, aux vertus miraculeuses, en ces temps où l’on ne pouvait trouver le salut du corps par la médecine, ni celui de l’âme en dehors des lieux sanctifiés.

Vers l’an mil, la fréquentation de l’abbaye fut à son comble. Ensuite, avec la guerre de Cent ans et la grande peste, les chemins devinrent beaucoup moins sûrs et le flot des pèlerins se tarit peu à peu dans le royaume.