La voie romaine de Saint-Chély-d’Aubrac

Patrimoine Bâti
Variante

La commune de Saint-Chély-d’Aubrac (Aveyron) est traversée d’ouest en est par une ancienne voie qui reliait, à l’époque romaine, Rodez – Segodunum, chef-lieu des Rutènes – et Javols – Anderitum, chef-lieu des Gabales. Au-delà encore, cet itinéraire permettait de rejoindre d’autres capitales, notamment Lyon au nord-est et Bordeaux ou Saint-Bertrand-de-Comminges au sud-ouest.

Des Enfrux au Pendouliou de Fabrègues, le chemin de Saint Guilhem emprunte une portion de cette voie, qui traverse notamment la forêt domaniale d’Aubrac : vous pourrez encore y voir, à plusieurs endroits, son revêtement empierré.

En 1996, un sondage archéologique a permis d’identifier son mode de construction, très classique à l’époque romaine. Après avoir débarrassé de rocher naturel des terres de surface, la voie, large de 6 m et délimitée en bordure par des dalles verticales, a été construite en apportant un remblai d’éclats de basalte et de terre. Ce dernier a servi de support à des blocs de basalte, eux-mêmes nivelés par une surface de circulation faite de gravier et de terre. Il est sûr que cette voie existait dès le début du Ier s. apr. J.-C. au moins, sans exclure qu’elle ait repris en partie, en le réaménageant, un cheminement gaulois. Il est probable aussi qu’elle a été refaite au IIIe s. apr. J.-C., ou tout au moins qu’elle a bénéficié alors d’un bornage, dont témoigne la découverte de plusieurs bornes leugaires, équivalent de nos bornes kilométriques (1 lieue = autour de 2,45 km).P1000264

 

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