Les bateliers du Tarn

Patrimoine Culturel
Variante
Source : Extrait d’un commentaire d’André Arnal, habitant du Rozier

Au XIXe siècle, il n’existait pas de route dans les gorges du Tarn. La route en provenance de Florac s’arrêtait alors à Sainte-Énimie.

Les travaux de percement ne commenceront qu’en 1889 pour se terminer en 1905. Les gorges du Tarn sont les plus longues d’Europe (53 km) et ont une profondeur de 500 m. Avant cette date le transport des voyageurs (et même des matières agricoles) était assuré par des bateliers sur des embarcations à fond plat appelées « toues » qui étaient menées à l’aide d’une gaffe. Et ceci depuis le XIVe siècle !

Deux services étaient assurés que se partageaient deux compagnies et qui ne nécessitaient pas moins de quatre transbordements : à Pougnadoires, à Hauterive, à la Malène et aux Vignes.

On pouvait voyager de Sainte-Énimie au Rozier pour la somme de 42 francs.

barque

La navigation

La navigation n’était pas une chose aisée :

« Souvent, à la remontée (eh oui, il fallait bien remonter !), l’un des bateliers est obligé de se mettre à l’eau et de haler le bateau soit à la ligne soit à la chaîne, tandis qu’un autre dirige avec la gaffe. ».

La navigation la plus périlleuse se trouvait entre le village des Vignes et celui du Rozier. Le barrage naturel du Pas-de-Soucy était absolument infranchissable avec des barques et il était nécessaire de débarquer passagers et bagages pour les transborder en charrettes.

En occitan on disait : « Qué passo lou Lot, lou Tarn et l’Aveiroun, n’ès pas ségur dé touna dins sa maisoun. » (Qui traverse le Lot, le Tarn ou l’Aveyron, n’est pas sûr de revoir sa maison.)

Après la création de la ligne de chemin de fer Paris – Béziers, fin XIXe, le tourisme démarre avec quelques hôtels et les premières descentes touristiques en barque.

Une compagnie de bateliers existe toujours à la Malène, regroupée en coopérative en 1952 pour le plus grand plaisir des touristes, et leur expérience de ces eaux est telle que les passagers n’ont plus rien à craindre, même pas d’être un peu éclaboussés…

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