Les mégalithes

Patrimoine Culturel
Principale

Grandes pierres grossièrement façonnées et érigées depuis la fin du Néolithique dans un but religieux, comme éléments de sépulture, ou pour perpétuer le souvenir d’un événement important, les mégalithes constituent un élément marquant du paysage.

 

Les Causses et Cévennes sont, après la Bretagne, la région de France la plus riche en monuments mégalithiques. Le chemin de Saint Guilhem vous mène ainsi de dolmens en menhirs, de menhirs en cromlech…

Sur le Causse de Sauveterre, on croise notamment le dolmen de la Rouvière, le dolmen de La Cham, ainsi que celui, magnifique, de l’Aire des Trois Seigneurs (dont il reste le couloir et les deux chambres funéraires, mais qui a perdu ses tables de couverture), avant de passer devant menhir du Bac peu avant l’arrivée à Sainte-Énimie.

Sur le Causse Méjean, peu après avoir quitté Drigas, on peut admirer le dolmen de Gouziac – un magnifique monument inséré dans son tertre protecteur de 13 mètres de diamètre. Un peu plus loin, les deux menhirs de Costeguison se dressent de part et d’autre du chemin.

Après avoir traversé les Cévennes, on arrive sur le Causse de Blandas. Du chemin, on pourra voir quelques-uns des 70 menhirs, dolmens et cromlechs présents sur ce Causse.

 

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Le dolmen est une tombe collective, destinée à l’ensemble d’une communauté, comprenant une – ou parfois plusieurs – chambre(s) funéraire(s). Il est composé de blocs de pierre placés verticalement formant des parois, et est surmonté d’un ou plusieurs monolithe(s) servant de dalle(s) de couverture.  Ce qui constitue le cœur de la tombe était alors englobé dans un vaste tertre, composé de terre et de pierrailles. L’érosion ayant généralement fait disparaître ce tertre, ne restent que les monolithes : ainsi, la tombe autrefois souterraine, cachée, est souvent devenue aérienne…

La région des Grands Causses est riche de près d’un millier de ces sépultures mégalithiques, qui trouvent leur origine dans les communautés paysannes de la fin du Néolithique. Même bien après leur phase de construction, ces monuments ont, pendant des siècles, continué à faire partie du quotidien des sociétés qui se sont succédé : les fouilles archéologiques, qui ont permis de découvrir ossements et éléments de mobilier funéraire, prouvent que leur utilisation sépulcrale a perduré a minima pendant un millénaire, l’espace sépulcral recevant des dépôts funéraires successifs. Certains dolmens ont par la suite trouvé une autre utilisation : cabanes, abris, ou simplement points de repère dans le paysage.

Les menhirs sont des monolithes isolés, de taille souvent remarquable, dressés sur le sol. Leur signification reste inconnue. Parmi les multiples hypothèses avancées, on pense qu’ils pouvaient servir de bornes de territoire, de monuments commémoratifs, de pierres indicatrices de sépultures mégalithiques, ou servir de symbole religieux (culte phallique, culte astronomique, géomancie…).

Les menhirs comme les dolmens ont pu connaître une réutilisation. Ainsi, au moment de la christianisation (IVe-Ve siècles), beaucoup de ces vieilles pierres sacrées ont été renversées, mais d’autres ont reçu la marque de la nouvelle religion. C’est ainsi que vous verrez peut-être l’un de ces insolites mégalithes christianisés : menhir surmonté d’une croix ou dolmen présentant une croix maladroitement gravée dans la pierre.

Les cromlechs sont constitués d’un ensemble circulaire de pierres dressées. Leur fonction reste énigmatique : on peut penser qu’ils avaient un rôle religieux, servant de lieux de rassemblements culturels. Particulièrement rares dans la région, trois cromlechs ont cependant été identifiés avec certitude sur le Causse de Blandas. L’un d’eux, le cromlech de Perrarines, se situe à proximité du chemin de Saint Guilhem.

Le dolmen du Planas, sur le Causse de Blandas, est un dolmen à couloir : un couloir permet de relier la chambre funéraire à l’extérieur du tertre. Crédit photo: Hélène Normand

Le dolmen du Planas, sur le Causse de Blandas, est un dolmen à couloir : un couloir permet de relier la chambre funéraire à l’extérieur du tertre. Crédit photo: Hélène Normand