Hermine

L’hermine (Mustela erminea) est un mammifère de la famille des mustélidés. On la trouve en Europe dans les régions plutôt froides ou montagneuses, à partir de 1000 m d’altitude. Sur le chemin de Saint Guilhem, on la rencontre sur le plateau de l’Aubrac, se déplaçant par bonds agiles et longeant les rivières. Elle apprécie particulièrement les murets, les haies et les tas de pierres. L’hermine n’est pas rare mais se montre souvent discrète. Diurne en été, davantage nocturne en hiver, elle prospecte pour se nourrir les terriers de rongeurs et les pierriers, entrant et sortant continuellement.

Si l’été, avec sa fourrure brune et son ventre blanc jaunâtre, elle peut être confondue avec une belette – bien que l’extrémité noire de sa queue permette de la distinguer de sa cousine –, l’hermine revêt l’hiver un blanc pelage, qui lui permet de passer inaperçue dans les paysages enneigés. Encore faut-il, pour que cette variation colorimétrique ait lieu, que les conditions météorologiques soient au rendez-vous : il faut que la température soit suffisamment froide (-1°C au moins) lors de la mue. Selon la température à ce moment, le poil peut être de deux couleurs, c’est-à-dire « pie ».

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L’hermine ne creuse pas elle-même les endroits où elle gîte, mais occupe les terriers des rongeurs qu’elle chasse. Les peaux et les fourrures des rongeurs tués sont utilisées pour tapisser le terrier.

Si elle peut chasser occasionnellement oiseaux, lézards ou petits lapins, la majeure partie de son régime alimentaire est constituée de petits rongeurs. L’hermine est ainsi particulièrement utile aux jardiniers : elle les débarrasse des rats taupiers qui font des dégâts dans les jardins en rongeant les racines des végétaux.

Si l’espèce n’est pas spécialement menacée, elle se fait néanmoins rare dans certaines régions, faute de trouver un habitat adapté. L’hermine dépend en effet de paysages riches en structures, disposant de corridors de migration appropriés. L’habitat idéal de l’hermine se caractérise en effet par une bonne connectivité spatiale, avec une multitude de cachettes, de territoires de chasse et d’axes de migration, lui permettant de ne jamais rester à découvert. L’hermine chasse dans les prés. Les petits viennent au monde dans un nid aménagé sous des branches ou des pierres. Au printemps, la présence de haies riches en couverts, d’ourlets herbeux ou de rives de ruisseaux facilite la recherche d’une femelle par le mâle. Une quête souvent dangereuse où l’animal est amené à parcourir de longues distances. L’hermine dépend ainsi d’une agriculture respectueuse de la nature.

 

Photos : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mustela_erminea_upright.jpg, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hermine_et_son_pelage_hivernal.jpg